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last modified 2006-08-11 11:17

Culture de paix; non-violence; violence; respect

La période 2001-2010 a été déclarée par l'ONU Décennie internationale pour la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde. Cette Décennie est la première qui ait été votée à la demande de la société civile, en particulier des prix Nobel de la paix. L'Unesco a été chargée de cette Décennie au sein de l'ONU.

Des associations ont souhaité promouvoir dans la société civile cette Décennie en créant des coordinations dans plusieurs pays (France, Italie, Pays-Bas, Autriche) et une coordination internationale.

La résolution de l'ONU invite les Etats et la société civile à s'investir dans l'éducation à la non-violence, l'éducation étant la base de la transmission d'une culture. Or, souvent dans nos pays, l'école n'apprend pas aux enfants et aux jeunes à vivre ensemble, à coopérer, à gérer et à dire leurs émotions, à prendre des décisions ou à résoudre les conflits.

Comment arriver à ce qu'un tel programme d'éducation à la non-violence et à la paix soit intégré à l'enseignement scolaire et universitaire ? C'est l'objectif principal de nos coordinations.

Pour la première fois dans son histoire, l'ONU a utilisé le terme « non-violence » dans une de ses résolutions et l'a réuni à celui de paix. Pour les « non-violents », la paix se réfère à l'objectif à atteindre et la non-violence au chemin à emprunter pour arriver à cet objectif.

Le choix des moyens est central pour l'éthique et la pratique non-violente car, comme disait Gandhi, la fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la graîne. Ce sont les moyens d'aujourd'hui qui détermineront les résultats de demain.

Le principe fondamental de l'éthique non-violente est le respect absolu de la personne humaine, respect qui conduit à un refus de la violence, sous toutes ses formes, et de la culture de la violence, qui, entre autres, légitime la violence politique et militaire.

Les conséquences de ce principe se manifestent au niveau individuel, (objection de conscience, bienveillance envers tout ce qui vit, écoute empathique), social (démocratie participative, économie qui respecte les individus, écologie) et international (refus dela guerre, intervention civile de paix, diplomatie des peuples) selon la règle « Penser globalement, agir localement ».

Outre le choix des moyens, la spécificité de la non-violence consiste aussi à mettre en œuvre une prise de décision qui respecte l'individu. Plusieurs étapes doivent être respectées : la consultation préalable, le débat démocratique et respectueux des avis différents, la recherche d'une décision la plus consensuelle possible, un exercice contrôlé de l'autorité conçu comme un service.

Le Forum Social Européen est le début d'une éclosion de graines semées depuis des siècles. L'idée d'un autre monde, d'un nouveau monde, était dans bien des esprits aux XVIe et XVIIe siècles en Europe lors de la re-découverte du continent américain, mais, ce qui s'est imposé, c'est la notion de ' nouveau monde ' géographique. Une minorité de personnes, appartenant à la Réforme radicale, tels que les mennonites, puis les quakers, parlait à l'époque d'un nouveau monde spirituel, exigeant une exploration du monde intérieur, mais ils étaient peu écoutés.

Ainsi, le quaker William Penn fonda en 1682 la Pennsylvanie qui fut pendant 74 ans le laboratoire d'une révolution non-violente au quotidien. En 1693, il rédigea un Essai d'un projet pour rendre la paix de l'Europe solide et durable. Mais la Révolution américaine, née d'une guerre, et la Révolution française, nourries par ces idéaux, ont dérapé dans la violence. Le projet initial est resté en suspension mais n'est pas mort. Le monde de Porto Alegre ressemble à une résurgence de cette recherche, adaptée aux urgences de notre époque.

Débat :
-La non-violence a-t-elle un avenir dans le monde d'aujourd'hui ? Les luttes telles qu'elles ont été menées par Gandhi , comme le jeûne, semblent inefficaces aujourd'hui.

Il est rappelé l'importance, à côté du leader charismatique, de créer un mouvement de tout un peuple, qui soit éduqué à la non-violence. Ceci demande un changement complet d'attitude et prend beaucoup de temps. Il est rappelé que le jeûne avait été utilisé par Gandhi pour s'adresser à son peuple, qui le reconnaissait comme un leader, quand ce peuple sombrait dans la violence, et non pas aux Anglais. Ce sont d'autres types d'action non-violentes qui ont permis à Gandhi d'obtenir l'indépendance. Ces méthodes ont depuis fait leur preuves dans bien d'autres situations (M. L. King, Philippines en 1986, Madagascar en 1999 et 2002, etc.).

-Comment gérer une classe tout en éduquant à la non-violence et en refusant d'utiliser la violence ? Il est parfois plus efficace d'exclure un élève.
Ceci pose la question de l'efficacité de la non-violence. Si la violence peut parfois sembler plus efficace puisque le changement s'opère immédiatement, celle-ci se révèle inefficace à moyen et long terme. La non-violence demande de prendre du temps mais se révèle plus efficace dans le temps.

-Un mouvement de la société civile réclamant la non-violence comme le FSE ne naît-il pas à la suite du vide créé par la chute du communisme ?
La chute du communisme a demandé en effet de créer un nouveau rêve d'un autre monde. Cependant, le mouvement non-violent se démarque du communisme car celui-ci n'avait pas refusé la violence et avait rejeté toutes les aspirations spirituelles de l'homme.

Propositions alternatives



Pour promouvoir la culture de paix et de non-violence, nous proposons d'introduire dans l'enseignement scolaire et universitaire de tous les pays européens une éducation à la non-violence et à la paix.
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