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Compte-rendu du séminaire

last modified 2007-03-29 17:15

Ecoute; exclusion sociale; participation citoyenne; responsabilité; conseils de quartiers; liberté; dignité; fraternité

Attac Paris Centre


- Pendant que la salle se remplit, projection d'une vidéo : « La participation : pourquoi ça coince ? »

- Ouverture en carnaval par un groupe d'exclus anglais et jeu « Qui est le roi des voleurs ? »

- Introduction : pourquoi ce séminaire ? Hubert Lesire-Ogrel (Fiddem)
- Théâtre-forum : le vécu des exclus et les propositions alternatives(Creil, Saint-Etienne, Paris XXème),
- Scènes de mobilisation réussie d'exclus (DAL),
- Synthèse des acquis du théâtre-forum, Vivian Labrie (Québec),
- Réflexion en petits groupes de proximité de la salle pour d'autres propositions alternatives,
- Ecriture des propositions sur un mur de paroles.
Conjointement, exposition sur le bilan de 18 mois de démocratie participative dans les conseils de quartier de Paris, leurs regards sur l'exclusion.

Du budget participatif aux conseils de quartier, inclure la parole des exclus

:
- Si les citoyens de plus en plus prennent la parole, entendent intervenir,
- Si ces interventions prennent les formes les plus diverses,
- Tous les citoyens ne disposent pas des conditions requises pour être en situation de le faire.

Une part importante de la population n'a pas accès à ce dispositif, « La ville est tronquée, privée d'une partie de sa chair». Les groupes de survie économique et sociale, les exclus, sont exclus de ce qui devrait les sortir de leur situation d'exclusion.

C'est avec les exclus que ce séminaire veut déterminer comment ils peuvent être en situation de participer aux structures de la ville ; en quoi, comment ils peuvent prendre la parole pour influer sur les choix ; en quoi le développement de structures de politiques locales de participation peut être un instrument pour sortir de l'exclusion ?

2 - Les thèmes du théatre-forum


Où il est question:
- de sujets vitaux, et de mépris pour le vital,
- d'un savoir, presque toujours perdu faute d'écoute,
- des droits qui existent, mais restent lettre morte.
Avec toujours le même type de réponses :
- les règlements,
- le temps : personne n'a le temps,...
Et pour remettre en question les situations injustes, la désobéissance.

25 exclus ont choisi trois de leurs histoires vécues ;ils les ont mises en scène pour montrer les obstacles et les blocages qu'ils ont rencontrés et leur ont interdit de participer.
Histoires vraies donc, qui nous concernent tous pour la liberté, la dignité, la fraternité.

1er groupe, de Creil : des mères d'enfants d'une école maternelle qui contestent la décision, prise unilatéralement par la directrice, de supprimer le goûter de 10 heures se voient opposer le refus de discuter avec celle-ci. Décidées à ne pas se laisser faire, après vérification de la réglementation, elles préparent une pétition. Si l'inspectrice de l'Education nationale la valide, les parents réagissent de façon diverse, selon qu'ils se sentent individuellement concernés ou non.

La situation de blocage se reproduit au cours du conseil d'école suivant. La directrice continue de refuser toute négociation, justifiant sa décision par la lutte contre l'obésité des enfants, rappelant le rôle de l'école et la responsabilité des parents. Si la mairie offre une solution de conciliation en s'engageant à fournir le verre de lait de 10 h, le découragement des mères non soutenues est manifeste.

Le 2ème groupe, de Grenoble : une histoire avec le conseil de quartier local dans une petite ville.
Le responsable d'un conseil de quartier interpellé par des parents sur son immobilisme à la suite d'un accident mortel d'enfant sur une voie départementale très passagère qui coupe la ville en deux, s'engage à mettre la question à l'ordre du jour de la prochaine réunion, en présence du maire.

Mais celle-ci est totalement occultée par la présentation par le maire d'un grand projet de rénovation urbaine à horizon 15 ans. Intervention vaine des parents sur la sécurité routière pour les enfants, le maire les renvoyant à la loi, au département et à la DDE, qui de leur côté les ont renvoyés au maire.

3ème groupe, Paris XX° : sur les conditions de travail du personnel d'un hôtel de luxe, ou quelle participation citoyenne pour des personnes dont on ne reconnaît pas entièrement la citoyenneté.
« Avec ou sans contrat, ils nous tiennent les uns contre les autres ».

Les « sans papiers » sont embauchés, sans contrat, les abus sur les salaires sont manifestes, les tentatives de déclencher une grève échouent du fait des « sans papiers » qui ont peur de perdre leur travail, ou sous les menaces du DRH de les licencier et de les remplacer par des intérimaires.

3 - LESPROPOSITIONS ALTERNATIVES
Contrer les moyens utilisés en permanence par l'autorité : le clientélisme, le pouvoir de l'argent, celui de donner ou pas le service et l'usage quelle fait de son tempérament (impatience, colère, occuper toute la place...)
Importance des stratégies à mettre en place pour la prise de décision, la possibilité de revenir sur des décisions, de les prendre de façon collective.

Dans le but de faire émerger un retournement dans les situations de domination ou d'oppression présentées, les saynètes sont rejouées : des volontaires de la salle se sont substitués aux acteurs « exclus », les autres protagonistes conservant leur rôle.

1ère scène
. demander à la directrice d'école ce qu'elle deviendrait s'il n'y avait plus d'enfant à l'école,
. remplacer la collation de 10h par une pause diététique, solidaire, avec des producteurs locaux, ce qui ferait de l'école un phare,
. renvoyer à la directrice le ton sur lequel elle se permet de s'adresser aux mères : « la démocratie commence quand on laisse parler les autres et qu'on n'abuse pas de son autorité »
. lui demander si pendant sa pause avec les instituteurs, elle supprimerait le sucre du café, le petit gâteau et le croissant...

2ème scène
. ruser et annoncer qu'en passant devant le commissariat, la police annonce qu'un enfant vient à nouveau de se faire renverser, qu'il s'agirait du fils du maire pour lui faire prendre conscience que cela n'arrive pas qu'aux autres ?
. s'enquérir des conditions dans lesquelles le projet a été élaboré, qui a été consulté pour le projet, si l'architecte a été informé du danger de cette route et de l'accident, et obtenir du maire qu'un débat soit inscrit au prochain conseil de quartier,
. « depuis 3 ans que je suis dans ce fauteuil roulant, qu'avez-vous fait ? » interpelle un handicapé qui obtient du maire qu'avec l'accord de la DDE et de la préfecture le ralentisseur serait installé dans les 48 heures »
. annoncer que justement un contre projet de 300 familles a été élaboré et proposer d'en discuter en invitant la DDE (Direction départementale de l'Equipement) et la préfecture,

3ème scène
Seule la quatrième proposition a un impact sur le DRH : mobiliser les médias et mettre en jeu la réputation d'un grand hôtel face au traitement de ses employés

La technique du théatre-forum permet de créer l'espace et le temps pour poser les problèmes et rechercher les solutions ensemble (dans les conseils de quartier, les forums sociaux locaux...).

Le recueil des écrits sur le mur de parole

4 - LES MISES EN OEUVRE

La sortie de l'exclusion réussie par le DAL met en évidence :
. l'impact des permanences des services de « SPQ »,
. la nécessaire lutte contre la confidentialité pour lutter contre les abus de pouvoir,
.l'interpellation permanente des bailleurs (propriétaires, offices publics d'aménagement et construction),
. le poids des Conseils des familles.
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